Politique antérieure

Programme Décennal de développement de l'Education et de La Formation (PDEF)

Les changements intervenus dans les politiques éducatives durant la décennie qui vient de s’écouler s’inscrivent dans le cadre des différents forums et rencontres internationaux, régionaux et nationaux :
au niveau international :
Jomtien (1990) qui lance le concept « d’Education Pour Tous » à l’an 2000

Au niveau régional :
MINEDAF VI (Dakar 1991) qui prend en compte la Déclaration Mondiale de l’EPT (Jomtien) ainsi que les contextes de crises et d’ajustement structurel en Afrique.
MINEDAF VII (Durban 1998) d’où est lancée l’idée de Renaissance Africaine

Au niveau national :
Les Etats Généraux de l’Education et de la Formation (EGEF) ont marqué d’une pierre blanche tout le développement du système éducatif sénégalais, pour l’avènement d’une école nationale, démocratique et populaire. La Commission Nationale de Réforme de
l’Education et de la Formation ( CNREF), née au lendemain des EGEF a jeté les bases d’une Ecole Nouvelle. Ces deux cadres sont aujourd’hui, sans aucun doute, les éléments fécondants non seulement de la présente réforme mais des événements qui l’ont préparée.

Le suivi de la Déclaration Mondiale a donné lieu aux rencontres suivantes :

  1. Le colloque de Kolda, en 1993 qui a produit le plan d’actions de l’enseignement non formel au Sénégal et a permis la mise en place d’un cadre consensuel pour la réalisation de programmes d’alphabétisation en direction des jeunes, des adultes et particulièrement des femmes ;
  2. Le colloque de Saint Louis, en 1995, qui a permis de dégager les grandes orientations et les stratégies visant le renforcement de l’accès à l’éducation, la réalisation de la gestion concertée du secteur, l’harmonisation des interventions dans le secteur de l’éducation, l’étude et l’approfondissement des modèles alternatifs pour l’éducation de base, etc.
  3. Les séminaires de Bambey et de Gorée ont permis la mise en place de commissions thématiques (Accès, Qualité, Gestion) et d’élaborer un diagnostic et un plan d’actions pour chacun des sous secteurs.

C’est la fusion de ces documents qui a donné naissance au PDEF. Celui- ci a fait l’objet d’une validation technique avec les partenaires techniques et financiers et d’une validation politique et sociale, avec les partenaires sociaux.

Par ailleurs, les années 90 marquent l’émergence d’un ton nouveau, plus optimiste, dans les échanges entre gouvernements des pays pauvres et organismes internationaux de financement et d’aide technique dans le domaine de l’éducation. Les organismes bilatéraux et multilatéraux manifestent plus de disponibilité à appuyer les programmes sociaux des pays pauvres à condition de les inscrire dans un cadre politique global impliquant d’autres acteurs que l’état (bailleurs, ONG, collectivités locales, associations de parents d’élèves etc.).
Les états, les gouvernements et les partenaires ont pris conscience que les programmes sectoriels doivent rompre avec l’approche projets et s’inscrire dans une approche holistique qui est une démarche d’harmonisation et d’intégration des initiatives et des démarches, exigeant la coordination des intervenants. Celle –ci apparaît comme un mécanisme permettant une plus grande efficacité des actions et obligeant les intervenants à oeuvrer pour la réalisation d’objectifs identifiés, négociés et stabilisés en commun.

Le Programme Décennal de l’Education et de la Formation, aujourd’hui dénommé Programme de Développement de l’Education et de la Formation, dont la préparation a commencé en 1996 a capitalisé l’ensemble de ces démarches qu’il a développées et approfondies pour les inscrire dans un cadre politique qui identifie, hiérarchise et planifie les priorités du gouvernement, harmonise et organise les interventions.

IL doit donc être considéré comme un cadre d’opérationnalisation des objectifs de la Déclaration Mondiale sur l’Education qui vise à :

  • démocratiser l’accès à l’éducation de base
  • améliorer la qualité des apprentissages 
  • rendre plus efficiente la gestion du système

Le forum de Dakar a été l’occasion de faire le bilan de l’EPT à l’an 2000 aux niveaux national, régional et mondial. Ce bilan montre que des progrès ont été accomplis ces dix dernières années dans le sens de la réalisation des principes énoncés dans la Déclaration de Jomtien. Mais le bilan reste tout de même mitigé pour notre région car seuls dix pays africains ont réussi à réaliser la scolarisation universelle. C’est pourquoi un accent particulier a été mis sur l’amélioration des mécanismes de coordination et de suivi des objectifs del’EPT.

L’innovation majeure est la responsabilité conférée aux acteurs du niveau national. Le Cadre de Dakar élargit le concept d’EPT en englobant désormais la petite enfance (0-6 ans) et en donnant plus de poids à la scolarisation des filles, à l’inclusion des enfants à besoins éducatifs spéciaux, à l’éducation des filles, des jeunes et des adultes. Sous l’égide de l’UNESCO des PNA/EPT sont en train d’être élaborés un peu partout en Afrique.
Le Sénégal qui avait déjà son PDEF s’est très tôt positionné dans cette dynamique en élaborant son PNA/EPT dès mars 2001. Il s’est ainsi retrouvé avec deux documents se référant à un cadre politique unique. Comme étape ultime de l’élaboration de son PNA/EPT le Gouvernement a pris comme option d’intégrer le PNA dans le PDEF